Monday, 15 August 2011

Quand le manque de discernement blesse inutilement...




En librairie, deux phénomènes m’effarent. La quantité phénoménale de livres de recettes et la quantité phénoménale de livres de recettes de vie. Ce qui prouve deux choses: nous ne savons pas faire à manger, et nous ne savons pas digérer.

Dans les deux cas, il s’agit d’une noble tentative d’améliorer son sort en se faisant du bien. Rien à redire à ça.

La chronique de Jean Barde ce week-end est venu m'interpeller assez fort au point  de me rappeler un lointain souvenir de mauvais goût, comme quoi certaines choses nous marquent à jamais. Dans une intention certes bienveillante, une amie proche (à l'époque) m'avait confié que pour elle on s'attirait tous les malheurs dans la vie, Les badlucks, le mauvais sort et la maladie.... et que la pensée positive (que j'ai perçu comme étant de la pensée magique de sa part)  chassait à jamais ces évèvements...
Non mais tu me niaise ?? ??? tu charrie un peu quand même !! Et elle y croyait dur comme fer, à en perdre finalement tout discernement. Dans son élan de compassion elle a eu la très mauvaise idée de citer mon papa à titre d'exemple... des gens qui comme ton père malade se sont attirés la maladie en kekpart dans leurs vies !!

Ayoye, comme réconfort c'est l'équivalent d'un coup d'pelle en pleine face !!

Non mais t'a un front d'beu de me dire ça, tu ne l'a pas vu se battre sans relâche ! Et puis Marielle elle ?? tu t'en rappelle combien elle aussi a combattu sans jamais abandonner !! et puis vas don' répéter ton affirmation aux parents et aux enfants de Ste-Justine ??
J'étais littéralement hors de moi, et encore plus aujourd'hui !! parce que finalement je ne serais entouré que de ''LOOSERS'' tellement j'ai perdu des êtres qui m'étaient très chers...

Barde cite et à juste titre le fil complet de ma pensée:

''LA DÉMISSION

Voilà quatre ans, sur son lit d’hôpital, alors qu’il agonisait dans les effroyables douleurs d’un cancer des os, mon père a reçu en cadeau le livre Le secret, de Rhonda Byrne. Il en avait à peine entamé la lecture quand je le lui ai arraché des mains et jeté à la poubelle. Heureusement, car s’il l’avait lu jusqu’au bout, il aurait pu commencer à croire qu’il était responsable de son cancer et que sa mort imminente était le résultat d’un mauvais choix de pensées de sa part.

Car voici le message du Secret (et de sa suite, Le pouvoir) que mon père aurait lu si je lui en avais laissé l’occasion, tandis que d’impressionnantes doses de morphine ne parvenaient pas à soulager sa douleur: «T’avais qu’à rêver de santé, connard, si tu voulais vivre plus longtemps.»

Ce genre de livre est à mes yeux un danger plutôt qu’un bienfait. Visualise des millions, et tu auras des millions. Visualise la santé, et tu auras la santé. Si tu meurs pauvre, ben c’est de ta faute. T’avais qu’à pas te tenir avec des loosers.

Je peux bien admettre que la pensée positive a des effets positifs et qu’en effet vaut mieux sourire que d’avoir l’air bête. Mais quand j’ai vu des dizaines de patients en oncologie de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont se trimballer, pas de cheveux, avec un exemplaire du Secret sous le bras, j’étais catastrophé. La vie est difficile. La mort est au bout et ce n’est pas de la tarte. Et tout le monde ne deviendra pas riche. C’est comme ça. Faisons-nous une raison.

Car ce qu’il y a de plus pernicieux avec Le secret et tous les guides idoines de pensée positive, c’est cet individualisme forcené qui fait tourner le dos au social. Pour être un winner, faut se tenir avec des winners. Laisse les pauvres et les malades mariner dans leur jus. Ne te préoccupe pas des autres. Pense à ta bedaine. C’est le contraire de la compassion, de la solidarité, de l’amour!

À travers le monde, des millions de gens ont pensé positif et ont laissé leur sort entre les mains de potentats véreux qui ont scrappé la planète pour amasser d’indécentes fortunes.

Faut croire qu’ils se sont tannés du positif, en Égypte, en Syrie. en Angleterre.

Car la bedaine, contrairement aux apparences, ce n’est pas ça qui nourrit son homme.''

En guise de conclusion, aucune compétence particulière n'est requise pour faire preuve d'humanisme. Les livres c'est bien, mais encore faut-il peser et sous-peser ses mots ?? et comme le côté bête de l'humain existe en moi comme d'autres, je vous dis Charmant Gourou, tenez-vous loin de moi !! ma pelle est pas loin!





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