Depuis ma dernière publication le 20 juillet dernier, je vous faisait part des origines des activités de la semaine de la fierté.
Avec un peu de recul, je constate que plusieurs y voient un évènement avec des sentiments, des propos et des opinions fort différentes. Certains veulent cette semaine comme étant évocatrice de tristes évènements où des droits fûrent bafoués, d'autres la veulent revendicatrice dans la poursuite des objectifs visant l'égalité pour tous et d'autres la veulent uniquement festive. Comment y voir clair ???
Depuis j'ai fais la lecture d'un éditorial fort pertinant et assez percutant. L'édito d'André Gagnon dans le magazine Être allait exactement dans le sens de ma perception sur la raison d'être de cette semaine que j'estime encore nécessaire, ne serait-ce que pour se rappeler que l'équilibre entre les différences demeurent encore un fois très fragile et que rien n'est jamais acquis.
Il cite et à juste titre :
''À Montréal, Divers/Cité, qui est à l’origine de la tradition montréalaise, se réclame
des manifestations du Sex Garage, mais cet événement n’a pas la même place dans
notre histoire que Stonewall ou la descente dans les saunas de Toronto en février 1981.
D’ailleurs Divers/Cité n’a jamais proposé de thème socio-communautaire pour le défilé
comme cela se fait dans la plupart des grandes villes du monde. Sa politique était plutôt
de laisser aux participants de définir leur thème.
Quand Divers/Cité a pris la décision de séparer son festival culturel du défilé et de
la journée communautaire, on aurait pu imaginer que le nouvel organisme prenant
la relève, Célébrations LGBTA, renforcerait le caractère communautaire du nouvel
événement Fierté Montréal. Le contraire s’est produit : le caractère commercial et
carnavalesque du défilé a été renforcé avec une «direction artistique« et des thèmes
comme Fiesta, Place au cirque et maintenant un remake de 2001,Odyssée de l’espace!...''
Faut-il alors s'étonner de la réaction de la population en général et des médias qui se délecte d'images
chocs et sensationnelles visant uniquement à choquer et enlever toute crédibilité à nos revendications ??
Les gens familiers avec nos différences savent très bien que le volet festif fait partie intégrante de notre culture, et je suis de celles qui y trouve son compte... sans honte. Je sais cependant que lorsque j'entend des commentaires dérogatoires tel que '' Ça m'écoeure de voir c'te gang de tapettes se pavanant avec des plumes dans l'cul!! '' humm assez imagé non ?? et je vous épargne croyez-moi.
André Gagnon termine sur cette réflexion,
''En projetant l’image de communautés toujours «sur le party», pensons-nous que nous
sensibilisons la population à la nécessité de combattre l’homophobie alors que notre
société vit largement dans le déni de ce problème social? Ce serait probablement la
première réflexion à faire pour enfin réorienter nos fiertés dans la tradition militante et
communautaire d’origine....''
Il me semble qu'il n'a pas tort...
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